De l'évangélisation à l'âge des fondations monastiques
Le christianisme entre en Alsace par la vallée du Rhin dès l'époque romaine, mais c'est aux VIIe et VIIIe siècles que l'évangélisation s'enracine durablement, par l'action des évêques de Strasbourg (saint Arbogast, saint Florent) et la fondation des grandes abbayes : Marmoutier, Andlau, Murbach, Ebersmunster, Hohenbourg. Ces monastères structurent le territoire spirituellement et politiquement.
Le diocèse de Strasbourg prend forme à partir de cette trame monastique, dans une dépendance partagée avec l'empire carolingien puis ottonien. Les princes-évêques cumulent autorité religieuse et pouvoir temporel jusqu'à la Révolution.
Réforme, guerre de Trente Ans et reconfiguration confessionnelle
Strasbourg passe à la Réforme dès 1524, sous l'impulsion de Martin Bucer. La cathédrale reste catholique mais les paroisses urbaines deviennent luthériennes. La ville devient un foyer intellectuel humaniste majeur, en lien avec Sélestat et sa bibliothèque humaniste. La guerre de Trente Ans (1618-1648), particulièrement meurtrière, redessine la carte confessionnelle.
Après le rattachement à la France en 1681, le catholicisme retrouve une vigueur officielle : la cathédrale est restituée au culte catholique, les abbayes reprennent vie. Mais la cohabitation confessionnelle s'installe durablement, structurant l'Alsace moderne.
Du Concordat au statut concordataire actuel
Le Concordat signé en 1801 entre Napoléon et le Saint-Siège, complété par les Articles organiques, organise la vie religieuse française pour un siècle. La loi de séparation de 1905 met fin à ce régime, mais elle ne s'applique pas à l'Alsace-Moselle, alors annexée par l'Empire allemand. Le retour à la France en 1918 maintient le statut concordataire : prêtres salariés par l'État, enseignement religieux à l'école publique, statut particulier des cultes reconnus.
Ce régime concordataire fait aujourd'hui de l'Alsace-Moselle une exception unique en France métropolitaine. Il continue de structurer la vie ecclésiale et de soulever des débats récurrents sur la place de la religion dans l'espace public.
Les piliers et articles ci-dessous prolongent cette synthèse, en zoomant sur des moments précis (Concordat, faculté de théologie, institut de droit canonique) ou des figures clés.









