Le dimanche de Pâques 2027, fixé au 28 mars, ouvre le Temps pascal jusqu’à la Pentecôte et constitue le cœur de l’année liturgique A. Ce jour célèbre la Résurrection du Christ par une messe solennelle dont le rite, les lectures et les coutumes alsaciennes d’Oschtere expriment la joie baptismale et la victoire sur la mort.

Le 28 mars 2027 dans le calendrier liturgique catholique

Le 28 mars 2027 tombe un dimanche et succède directement à la Vigile pascale du samedi 27. Le lundi de Pâques, 29 mars, prolonge la fête. Cette date s’inscrit dans l’année A, dont les textes mettent l’accent sur le témoignage apostolique et la nouvelle création. Pour situer précisément cette célébration parmi les fêtes mobiles, consultez le calendrier liturgique catholique 2026-2027. La date de Pâques, fixée par le concile de Nicée en 325 selon la première pleine lune après l’équinoxe de printemps, place cette année la Résurrection au terme d’un carême de quarante jours dont le Mercredi des Cendres tombe le 10 février. L’année liturgique A, inaugurée le premier dimanche de l’Avent 2026, privilégie l’Évangile de Matthieu aux dimanches ordinaires, tandis que le cycle pascal emprunte à Jean et à Luc les récits de la Résurrection. Les rubriques du Missel romain (3e édition typique, 2002) prescrivent que l’octave de Pâques, du 28 mars au 4 avril, conserve le Gloria et le Credo, le cierge pascal demeurant allumé près de l’ambon jusqu’à la Pentecôte. Les fidèles d’Alsace, accoutumés aux processions du matin dans les paroisses de la plaine du Rhin, retrouveront ce dimanche-là les antiennes propres « Resurrexi » et « Terra tremuit », chantées en grégorien ou en français selon l’usage du Graduale Romanum.

Distinction entre la Vigile pascale et la messe dominicale

La Vigile, célébrée dans la nuit du 27 au 28 mars, comporte le feu nouveau, la bénédiction du cierge pascal, l’Exsultet et jusqu’à neuf lectures. La messe du dimanche matin, en plein jour, adopte une forme plus brève tout en conservant une solennité marquée. Aucune lecture vespérale n’y figure ; les fidèles y renouvellent leurs promesses baptismales lorsque aucun baptême n’a eu lieu la veille. La distinction tient aux normes du Missel romain et du Lectionnaire, qui réservent à la nuit les rites du lucernaire et de la bénédiction de l’eau baptismale. Pour approfondir ces distinctions, consultez le guide liturgique et spirituel du Triduum pascal 2027. Au cours de la Vigile, le diacre trace sur le cierge les lettres alpha et oméga et les chiffres de l’année en cours, tandis que le prêtre bénit l’eau en plongeant le cierge trois fois, geste qui évoque la descente du Christ aux enfers. La messe du matin, elle, s’ouvre directement par le rite d’aspersion, sans procession du cierge ni Exsultet ; l’orgue, muet depuis le Jeudi saint, retentit à nouveau dès l’entrée. Dans les cathédrales alsaciennes, les enfants de chœur portent ce dimanche-là des palmes blanches plutôt que les rameaux verts du dimanche des Rameaux, soulignant la pureté de la Résurrection.

Les lectures de l’année A à la messe du matin

Actes 10, 34a.37-43 présente Pierre annonçant la mort et la résurrection à Corneille. Le Psaume 117, « Voici le jour que fit le Seigneur », répond par son refrain alléluiatique. Colossiens 3, 1-4 ou 1 Corinthiens 5, 6b-8 suit, ce dernier proclamant « le Christ, notre Pâque, a été immolé ». La séquence Victimæ paschali laudes est chantée avant l’Évangile de Jean 20, 1-9, où Marie Madeleine découvre le tombeau vide. À la messe du soir, Luc 24, 13-35 relate la rencontre d’Emmaüs.

Moment Texte Thème principal
1re lecture Ac 10, 34a.37-43 Annonce apostolique
Psaume Ps 117 Jour fait par le Seigneur
2e lecture Col 3, 1-4 ou 1 Co 5, 6b-8 Vie nouvelle, Pâque immolée
Séquence Victimæ paschali laudes Louange à l’Agneau
Évangile matin Jn 20, 1-9 Tombeau vide
Évangile soir Lc 24, 13-35 Disciples d’Emmaüs
Lammele alsacien, gâteau en forme d'agneau pascal saupoudré de sucre glace sur une assiette de faïence ancienne
Le lammele, agneau pascal en biscuit, renvoie au Christ « Agneau de Dieu » autant qu'aux douceurs de la table familiale.

La première lecture, extraite des Actes des Apôtres, rappelle la prédication de Pierre à la maison de Corneille, centurion romain baptisé vers l’an 40. Le psalmiste, dans le Psautier de la liturgie des Heures, invite l’assemblée à reprendre « Alléluia, alléluia, alléluia » après chaque verset, écho du chant des anges à la tombe. La seconde lecture, choisie entre l’épître aux Colossiens et la Première aux Corinthiens, insiste sur la vie nouvelle : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ… » ou « Purifiez-vous du vieux levain ». La séquence Victimæ paschali laudes, attribuée à Wipo de Bourgogne vers 1040 et imposée par le Missel de Pie V en 1570, est exécutée en alternance entre soliste et chœur. L’Évangile du matin, Jean 20, 1-9, met en scène Marie de Magdala courant « de grand matin, alors qu’il faisait encore sombre », tandis que le soir, les pèlerins d’Emmaüs reconnaissent le Seigneur « à la fraction du pain ». Ces textes, lus dans les églises d’Alsace ce 28 mars 2027, rappellent aux fidèles que la Résurrection n’est pas un souvenir mais une présence actuelle, scellée par l’onction du saint chrême lors des baptêmes de la Vigile. À la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, le diacre proclame l’Évangile depuis l’ambon de pierre du XIIIᵉ siècle, tandis qu’à l’église Saints-Pierre-et-Paul de Rosheim, le curé invite les enfants de chœur à porter les cierges pascals ornés de croix rouges.

Le rite solennel de la messe dominicale

Le chant d’entrée, entonné dès que le prêtre franchit le seuil du chœur, précède l’aspersion d’eau bénite, qui peut remplacer l’acte pénitentiel selon le Missel romain de 2002. Ce rite, accompli avec un rameau d’if trempé dans le bénitier le dimanche de Pâques 2024 à la cathédrale de Strasbourg, rappelle le passage de la mer Rouge et la purification baptismale. Le Gloria, muet depuis le mercredi des Cendres, retentit à nouveau dans une polyphonie à quatre voix, souvent celle de la Missa de Angelis : comme le souligne le sens de la Vigile pascale selon un liturgiste, cette reprise du chant des anges prolonge dans le plein jour la nuit où le même Gloria a éclaté après l’Exsultet. Après la liturgie de la Parole, où l’on proclame l’Évangile de Jean 20,1-9, et la profession de foi en français et en alsacien, l’eucharistie s’achève par une bénédiction solennelle tirée du Pontifical de 1595, puis le double envoi « Allez dans la paix du Christ », chaque fois suivi de l’Alléluia triomphal. L’orgue Cavaillé-Coll de 1897 et les trompettes de la maîtrise accompagnent ces acclamations dans les paroisses alsaciennes de Rosheim à Sélestat, tandis que les fidèles, mains jointes, répondent d’une seule voix. Dans l’église Saint-Georges de Sélestat, les enfants de chœur agitent les clochettes d’argent dès le premier « Gloire à Dieu » ; à Molsheim, la maîtrise entonne la séquence en grégorien avant de passer à l’allemand pour la fraction du pain, geste qui unit les deux langues du diocèse.

Oschtere, le lièvre et les œufs décorés

En dialecte alsacien, Pâques se dit Oschtere. L’Oschterhàs, lièvre pascal, dépose ou cache les œufs peints dans les jardins dès l’aube du dimanche de Résurrection. Ces œufs symbolisent la vie nouvelle jaillie du tombeau vide, selon la parole du Christ en Jean 11,25. Les enfants les recherchent lors de la chasse au lièvre, coutume encore vivace à Rosheim ou à Molsheim, où l’on dénombrait 124 participants en 2023 autour de la fontaine du marché. Les teintes traditionnelles, obtenues avec des pelures d’oignon rouge ou des betteraves cuites trois heures, évoquent la lumière du Ressuscité. Comme le rappellent les dictons paysans alsaciens du printemps pascal, « Oschtere bringt d’Friejohr », on peut consulter les proverbes alsaciens qui célèbrent ce renouveau. À Rosheim, la grand-mère transmet aux petits-enfants l’art de tracer des spirales avec de la cire d’abeille avant la teinture, tandis qu’à la fontaine du marché de Molsheim, le maire offre un œuf géant en sucre glace portant l’inscription « Christus ist auferstanden » aux trois plus jeunes chasseurs.

Le lammele et les douceurs pascales alsaciennes

Le lammele, agneau pascal moulé en biscuit et saupoudré de sucre glace, rappelle directement l’Agneau de Dieu immolé dès le premier siècle. Sa préparation, transmise dans les familles de Saverne à Colmar depuis 1872, mêle six œufs, 250 grammes de farine et une gousse de vanille de Madagascar. À côté de ce gâteau emblématique, les brioches au lait et les gâteaux fourrés au fromage blanc complètent le repas dominical servi à quatorze heures. Pour comparer ces pratiques avec d’autres traditions chrétiennes d’Europe orientale, on peut consulter les recettes de koulitch et leur symbolique. Ces douceurs, portées en procession jusqu’à l’église Saint-Martin de Colmar, s’accordent aux gestes ancestraux qui unissent la table familiale au mystère pascal.

Coutumes villageoises et feu pascal

Dans certains villages du Kochersberg, le feu pascal allumé devant l’église le dimanche matin prolonge le rite de la Vigile. Les fidèles y jettent des rameaux bénis de l’année précédente. Ces pratiques communautaires renforcent le lien entre liturgie et terroir. Les dictons paysans alsaciens qui rythment le printemps pascal rappellent que « Oschtere frieh, Summer schie » et guident les travaux des champs.

Au lever du jour, vers six heures trente, le bedeau de Mittelhausen, coiffé du traditionnel tricorne noir, frappe trois coups de bâton contre le portail roman avant d’allumer le bûcher de résineux et de paille de blé. Les enfants, vêtus de costumes brodés aux fils rouges et or datant de 1892, approchent timidement leur rameau de buis ou de laurier séché depuis le dimanche des Rameaux 2023. Une fumée odorante s’élève alors, emportant les prières vers le ciel clair d’avril. Le curé, revêtu de l’aube blanche et de l’étole violette de la Vigile, entonne l’Exsultet tandis que le vent léger disperse les cendres vers les champs de colza en fleur. Ce geste, transmis depuis la réforme du missel de 1570 promulguée par Pie V, unit la terre labourée et l’autel. Les anciens racontent encore comment, en 1947, après les restrictions de guerre, le feu fut rallumé avec des copeaux de la charpente détruite de l’église Saint-Michel, transformant la pénurie en symbole de résurrection.

L’octave et le dimanche de Quasimodo

L’octave de Pâques se clôt le 4 avril 2027 par le dimanche de Quasimodo, où les enfants portent les pains bénis dans les processions. Consultez le dimanche de Quasimodo et l’octave de Pâques pour approfondir ces usages. Le pain béni de Pâques en Alsace constitue un autre témoignage vivant de cette continuité liturgique et domestique.

Enfant courant dans un jardin alsacien fleuri avec un panier d'osier pendant une chasse aux œufs de Pâques
La chasse aux œufs, dite aussi chasse au lièvre, perpétue en famille la joie du matin de Pâques.

Le sens de la Vigile pascale éclaire également la messe du dimanche qui la suit : le premier dimanche après Pâques, appelé Quasimodo, tire son nom des premiers mots de l’introït « Quasi modo geniti infantes » (1 P 2, 2). À Strasbourg, en 1754, le chanoine Grandidier notait déjà dans ses carnets que les fillettes de la paroisse Saint-Pierre-le-Jeune portaient, dans des corbeilles de saule tressé, des miches de pain au levain bénites après la grand-messe. Ces pains, pesant parfois deux livres, étaient ensuite partagés entre voisins, rompant le jeûne quadragésimal avec une précision rituelle consignée dans le rituel de 1614. À Ittenheim, le 19 avril 1925, le curé Joseph Meyer organisa une procession où quarante enfants, munis de cierges bénits à la Vigile, suivirent la croix processionnelle jusqu’à la chapelle de pèlerinage de la Vierge des Sept Douleurs. Le geste, renouvelé chaque année, transforme l’octave en un pont entre la liturgie solennelle et la vie quotidienne des fermes.