Le Dimanche de la Parole de Dieu 2027 sera célébré le dimanche 24 janvier 2027, troisième dimanche du Temps ordinaire. Il a été institué par le pape François le 30 septembre 2019 dans le motu proprio Aperuit illis, pour que toute l’Église consacre ce jour à la célébration, à la réflexion et à la proclamation de la Bible. Il n’a pas de lectures propres : on lit celles du dimanche (année B), mais on met en valeur le livre, la prédication et le partage.
Quelle date en 2027 ?
La règle est simple et ne varie plus depuis 2019 : le Dimanche de la Parole de Dieu tombe le troisième dimanche du Temps ordinaire. Le Temps ordinaire reprend après le Baptême du Seigneur, ce qui place cette célébration en janvier, quelques semaines avant l’entrée en Carême. En 2027, le calendrier de l’AELF désigne le 24 janvier 2027 comme « 3ème dimanche du Temps Ordinaire », en année liturgique B.
Les dates relevées dans les sources officielles consultées pour ce guide permettent de situer l’événement dans le temps :
- 26 janvier 2020 : première célébration, annoncée par la Conférence des évêques de France avec le guide liturgique et pastoral du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, publié sur son site le 21 janvier 2020 ;
- 23 janvier 2022 : date retenue par les services français de la catéchèse pour leur proposition liturgique à l’intention des catéchistes et accompagnateurs ;
- 25 janvier 2026 : date indiquée par le site de l’Église catholique en France pour l’édition de cette année-là ;
- 24 janvier 2027 : prochaine édition, la huitième si l’on compte depuis 2020.
Pour replacer ce dimanche dans l’ensemble de l’année, du Baptême du Seigneur au Christ-Roi, on peut se reporter au calendrier liturgique catholique 2026-2027, qui détaille les temps forts et leurs dates.
Qui a institué ce dimanche, et pourquoi ?
Le texte fondateur est une lettre apostolique en forme de motu proprio, c’est-à-dire un document que le pape publie de sa propre initiative. Son titre, Aperuit illis, reprend les premiers mots latins de Luc 24, 45, que le paragraphe 1 cite en français : « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures ». C’est le récit du Ressuscité qui explique aux disciples, le soir de Pâques, comment l’Écriture parle de lui.
Le document est « donné à Rome, près de saint Jean du Latran, le 30 septembre 2019 », en la mémoire liturgique de saint Jérôme, au début du 1600e anniversaire de la mort de ce traducteur de la Bible. Le pape y reprend la formule de Jérôme que tout lecteur connaît : « Ignorer les Écritures, c’est ignorer le Christ ». Le paragraphe 2 rappelle l’élan donné par la constitution Dei Verbum du concile Vatican II à la redécouverte de la Parole de Dieu.
La décision tient en une phrase, au paragraphe 3 : « J’établis donc que le IIIe Dimanche du Temps Ordinaire soit consacré à la célébration, à la réflexion et à la proclamation de la Parole de Dieu ». Le raisonnement est pastoral plus que juridique : un dimanche annuel dédié doit rappeler que la Bible « est le livre du peuple du Seigneur » (§ 4), et non le domaine réservé de quelques spécialistes. Le texte évoque à ce sujet la scène du livre de Néhémie où le peuple, rassemblé après l’exil, écoute la lecture de la Loi : c’est en entendant la Parole ensemble qu’il passe de la division à l’unité.
Ce que demande le texte du pape
Aperuit illis ne publie pas un rituel détaillé. Il propose des orientations et laisse chaque communauté trouver « la forme la plus adéquate ». Dans son paragraphe 3, le pape indique que ce dimanche peut être célébré solennellement, en mettant en valeur la proclamation de la Parole et en adaptant l’homélie pour souligner le service rendu à l’Écriture. Il évoque aussi la possibilité, pour les évêques, de célébrer le rite du lectorat, et pour les prêtres, de remettre la Bible ou l’un de ses livres à l’assemblée.
En résumé, trois grandes attentions ressortent du texte :
- la proclamation : les lectures doivent être préparées, proclamées avec soin, à l’ambon, lieu propre de la Parole ;
- l’homélie : le paragraphe 5 insiste sur sa fonction particulière et rappelle qu’« on ne peut improviser le commentaire aux lectures sacrées » ;
- la lecture personnelle : le paragraphe 3 encourage la lectio divina, cette lecture priante de l’Écriture qui conduit de la lecture à la prière.
Le paragraphe 8 relie enfin la Parole à l’Eucharistie : l’Église vit des deux tables, celle de la Parole et celle du pain. C’est pourquoi ce dimanche ne se célèbre pas à côté de la messe dominicale, mais au cœur de celle-ci.
Les lectures du 24 janvier 2027
Il n’existe pas de messe propre au Dimanche de la Parole de Dieu : les textes sont ceux du troisième dimanche du Temps ordinaire. En 2027, l’année liturgique est l’année B, où l’on lit surtout l’Évangile selon saint Marc. L’AELF donne pour le 24 janvier 2027 :
| Lecture | Référence | Titre indiqué par l’AELF |
|---|---|---|
| Première lecture | Jonas 3, 1-5.10 | Les gens de Ninive se détournèrent de leur conduite mauvaise |
| Psaume | Psaume 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9 | « Seigneur, enseigne-moi tes chemins » |
| Deuxième lecture | 1 Corinthiens 7, 29-31 | Il passe, ce monde tel que nous le voyons |
| Évangile | Marc 1, 14-20 | Convertissez-vous et croyez à l’Évangile |
Le fil rouge de ces textes s’accorde bien avec l’intention du jour. Le prophète Jonas annonce à Ninive un appel qui est entendu ; l’Évangile de Marc ouvre la prédication de Jésus en Galilée par un appel à se convertir et à croire, avant l’appel des premiers disciples. La Parole proclamée n’est donc pas une information, mais un appel qui demande une réponse. Cette cohérence explique que l’on puisse donner à la célébration un relief particulier sans changer les lectures prévues.
Comment le célébrer : les propositions du diocèse de Strasbourg
Les services diocésains de la catéchèse et de la pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Strasbourg ont publié une proposition pour une célébration eucharistique de ce dimanche, hébergée sur le site liturgie.catholique.fr. Elle est rédigée pour la date du 25 janvier de l’édition 2026, mais ses gestes valent chaque année. En voici l’essentiel, tel que ce document le décrit :
- à l’entrée, le diacre ou, à défaut, le prêtre porte l’évangéliaire et le dépose sur l’autel ;
- avant l’Évangile, le livre est repris sur l’autel et porté à l’ambon, précédé de servants avec cierges et encens, pendant qu’une acclamation est chantée ;
- les lecteurs peuvent eux aussi se rendre à l’ambon en procession, en s’inclinant devant l’autel avant et après les lectures ;
- les silences sont recommandés, en référence à la Présentation générale du Missel romain (n° 56) : avant la liturgie de la Parole, après chaque lecture, après l’homélie ;
- après l’Évangile, le livre est déposé ouvert sur un support préparé, distinct de l’autel.
Pour l’homélie, la proposition renvoie au concile Vatican II (Sacrosanctum Concilium, 7) et à cette phrase : « Il est là présent dans sa parole, car c’est lui qui parle tandis qu’on lit dans l’Église les Saintes Écritures ». La prière universelle proposée comporte cinq intentions : l’Église, les relations entre juifs et chrétiens, les personnes éloignées de l’Évangile (hôpitaux, prisons, hébergements de migrants), l’unité des chrétiens, la communauté paroissiale. Le document suggère la prière eucharistique pour les circonstances particulières III (« Jésus, chemin vers le Père ») et un envoi en quatre bénédictions, qui s’achève sur l’appel de l’exhortation Evangelii gaudium (n° 120) à être des disciples missionnaires.
Il s’agit d’une proposition, non d’une obligation : une petite communauté rurale peut ne retenir que deux ou trois de ces gestes. Les lexiques de base de la liturgie, comme le lexique de quarante termes liturgiques de ce site, aident à comprendre les mots employés (ambon, lectionnaire, évangéliaire, acclamation).
Les gestes proposés par les services de catéchèse
Au niveau national, les services français de la catéchèse et du catéchuménat ont publié des propositions pour les catéchistes et accompagnateurs. La fiche consacrée à l’édition du 23 janvier 2022 décrit un déroulement précis :
- la procession du lectionnaire après la prière d’ouverture : un laïc porte le lectionnaire, entouré de deux porteurs de cierges, jusqu’à l’ambon ;
- la bénédiction des catéchistes et accompagnateurs : le responsable de la catéchèse appelle chacun par son prénom, chacun répond « Me voici », puis le célébrant les bénit avec une prière du Livre des bénédictions (n° 370) ;
- la procession des offrandes avec les catéchistes, qui exprime le lien entre la table de la Parole et la table de l’Eucharistie.
Ces propositions prolongent l’idée du pape : mettre la Bible au centre, mais aussi les personnes qui la transmettent. Dans une paroisse, c’est souvent l’occasion de remercier les équipes de catéchèse, les lecteurs et les animateurs de groupes bibliques, dont le travail reste discret le reste de l’année.
Un dimanche tourné vers l’unité et le dialogue avec le judaïsme
Le paragraphe 3 d’Aperuit illis précise le moment de l’année choisi : la période où, dit le pape, « nous sommes invités à renforcer les liens avec la communauté juive et à prier pour l’unité des chrétiens ». Le texte attribue à cette célébration une valeur œcuménique. Le site de l’Église catholique en France précise que le dimanche tombe pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, ce qui illustre la dimension œcuménique de la Parole.
Cette double orientation se retrouve dans les ressources françaises. Le Service national des relations avec le judaïsme de la Conférence des évêques a publié en 2024 un livret pour ce dimanche, qui aborde la Parole dans les deux Testaments, explique des termes souvent mal compris et propose une prière universelle ainsi qu’une section pour les enfants. L’intention est claire : on ne comprend pas l’Évangile sans le premier Testament, et la Bible rapproche les croyants avant de les distinguer.
Pour une ville comme Strasbourg, où catholiques, protestants, orthodoxes, juifs et musulmans cohabitent depuis longtemps, cette dimension prend un relief particulier, que développe l’article sur le dialogue interreligieux à Strasbourg. Le Dimanche de la Parole de Dieu ne demande pas de célébration commune, mais il encourage les rencontres : veillées bibliques entre confessions, lectures croisées, temps de prière partagés.
Le vivre à la maison et en groupe
Le Dimanche de la Parole de Dieu n’est pas qu’un événement paroissial. Le paragraphe 3 de la lettre du pape encourage la lecture personnelle des Écritures. Voici quelques manières simples de le vivre, qu’on soit pratiquant régulier ou simplement curieux :
- lire à l’avance les textes du jour : Jonas 3, Psaume 24, 1 Corinthiens 7 et Marc 1, 14-20 se lisent en moins d’un quart d’heure ;
- relire l’Évangile en silence après la messe, en notant le mot ou la phrase qui frappe ;
- former un petit groupe : quelques personnes, un texte, une lecture à voix haute, puis un temps de partage où chacun dit ce qu’il a entendu ;
- essayer la lectio divina : lecture lente, méditation, prière, silence, comme la décrit le guide sur la vie spirituelle, la prière et la lectio divina ;
- offrir ou remettre une Bible à un enfant, à un catéchumène, à un nouvel engagé, geste que le pape évoque lui-même pour les prêtres.
Ce que ce dimanche n’est pas
Pour éviter les malentendus, deux précisions utiles.
Ce n’est pas une fête avec des lectures propres : le jour reste le troisième dimanche du Temps ordinaire, avec ses lectures. Il n’ajoute pas de solennité au calendrier, mais une intention.
Ce n’est pas un dimanche de la Bible contre les sacrements : le paragraphe 8 relie justement l’Écriture à l’Eucharistie. On entend la Parole, puis on partage le pain : les deux sont un seul geste d’Église.
Pourquoi un tel dimanche, aujourd’hui ?
Dans une société où l’on lit beaucoup d’écrans et peu de textes longs, une journée consacrée à un livre ancien peut sembler décalée. C’est précisément ce que cherche Aperuit illis : redonner du temps à une lecture lente, collective et priante. Le texte de 2019 insiste sur l’unité de l’Église autour de la Parole, car chacun, du curé au lecteur, du catéchiste au simple fidèle, s’y trouve à égalité devant le même texte.
Pour qui prépare l’année liturgique, la date du 24 janvier 2027 se situe avant le mercredi des Cendres, fixé au 10 février 2027, et avant le temps du Carême qui conduira à Pâques, le 28 mars 2027. Une manière de commencer l’année par l’écoute, avant d’entrer dans les quarante jours de préparation.
Les sources de ce guide sont celles du Vatican (texte d’Aperuit illis), de l’Église catholique en France (eglise.catholique.fr, catechese.catholique.fr, liturgie.catholique.fr), du diocèse de Strasbourg (proposition liturgique publiée sur liturgie.catholique.fr) et de l’AELF pour les lectures du 24 janvier 2027. Les dates et les propositions peuvent être précisées par chaque diocèse : en cas de doute, la paroisse reste la meilleure source.
